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20 July 2017

Rencontre avec Vincent Munier - Photographe naturaliste d'exception

Vincent Munier est sans doute l’un des photographes animaliers français les plus respectés. Connu pour ses clichés de paysages enneigés et d’animaux venus du froid, cet aventurier de 37 ans a su faire de sa passion son métier. Ambassadeur de la marque Nikon et primé trois années consécutives du BBC Wildlife Photographer of the Year, Vincent Munier fait aujourd’hui parti du jury.

Voyageur passionné, il ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Toujours prêt à enfiler parka et sac à dos et à prendre le premier avion pour un pays lointain et méconnu, c’est un amoureux de la nature qui nous fait partager sa vision poétique de la vie sauvage à travers ses clichés.

Comment et quand a débuté ton histoire avec la photographie ?

Vincent Munier – Au départ, j’étais plus attiré par de domaine de la biologie, plutôt le milieu naturaliste. Mais à 12 ans, mon père m’a prêté un Olympus et j’ai tout de suite su que je voulais faire de la photo. Alors je ne suis pas resté bien longtemps dans le monde scientifique. Pourtant, je ne pensais pas pouvoir vivre de la photographie. C’était dans les années 1990, et à l’époque, c’était surtout les Américains qui faisaient parler d’eux pour leur photographes. Mais finalement, grâce à la BBC, j’y suis arrivé. C’est grâce à leur concours photo que j’ai surtout fait connaître mon travail. Ce sont mes photo des Vosges et du Japon qui ont intéressé. Les magazines ont commencé à me contacter, et c’est à ce moment que j’ai envisagé l’idée de pouvoir vivre de ma passion. Cela fait 12 ans maintenant…

Évidemment, au début, ça n’a pas été facile, comme tout le monde. Mais en ayant commencé très tôt, j’ai eu la chance de pouvoir accumuler beaucoup de clichés. Je suis un autodidacte complet. J’ai tout appris en shootant. L’argentique a été une très bonne école. J’ai commencé avec des Kodachrome 200, des Fuji Velvia... ce genre de film ne laissait pas la place à l’erreur, il fallait être précis au diaph près. Maintenant, c’est vrai qu’avec un fichier RAW, si tu te rates, c’est rattrapable. Et puis en photographie animalière, ce qui fait la différence, c’est vraiment le terrain. Tu peux rattraper plus facilement qu’en studio.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans l’acte photographique ?

V.M. – La démarche est assez personnelle, presque égoïste. J’aime aller dans des endroits un peu perdus, et la photographie animalière est un excellent moyen de voyager dans ces endroits reculés où personne ne va jamais. Après, c’est aussi un concours de circonstances. L’appareil, c’est l'outil qu’on m’a mis dans les mains. J’aurais été doué en écriture ou avec un crayon, je serais peut être devenu poète ou dessinateur. La photo est un peu l’outil que j’ai choisi pour faire partager ma passion. C’est aussi une démarche de sensibilisation. Je suis sensible à tout ce qui se passe dans la nature. La photographie est un bon moyen de partager cette approche. J’essaie d’aider à la création de certains projets pour la conservation de certaines espèces. Le loup d’Abyssinie par exemple : j’ai fait beaucoup de voyages pour essayer d’aider ceux qui les sauvent. Ça a donné lieu à un documentaire et à une série de photos. Ça fait plaisir de savoir que tes images peuvent aider une cause à laquelle tu es attaché. Mais encore une fois, c’est personnel. C’est un prétexte pour être dans la nature, vivre un rêve de gamin, voir des espèces qui me font rêver comme ce loup blanc, la panthère des neiges, ou le tigre de Sibérie.

 

 

                         

 

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Sources :  Texte:  Johana Hallmann – extraits focus numérique - Vidéo : Dorothée Adam et Claire Mazard - Photos: Vincent Munier