21 June 2018

Le spectacle de la migration post-nuptiale en Andalousie

 

L'Andalousie, pôle de biodiversité principal en Europe, est un haut-lieu de l'ornithologie. Lorsque les voyageurs me demandent quelle est la meilleure époque pour venir en Andalousie, il est difficile de répondre parce que toutes les saisons sont passionnantes: l'hivernage de milliers d'oiseaux de très nombreuses espèces, le printemps avec les floraisons exuberantes et la migration prénuptial, l'automne avec le spectacle de la migration post-nuptial, plus impressionnante que la migration pré-nuptial, le brame du cerf... L'été (juillet/ août) est sans doute la saison la moins recommandée pour un public naturaliste, la chaleur pouvant parfois être trop élevée et réduire les heures d'observation, bien que la migration commence fin juillet et le mois d'août peut déjà être spectaculaire dans le détroit de Gibraltar!

 

Si l'Andalousie est une destination de choix pour un naturaliste et/ou photographe, la fin de l'été et le début de l'automne constitue une période particulièrement intéressante! Le spectacle de la migration post-nuptial, le retour des oiseaux qui ont nichés au nord de l'Europe, et leur concentration sur le détroit de Gibraltar, est impressionnant! Un spectacle unique, entre mer et montagne, entre l'Europe et l'Afrique, à deux pas si près et si loin à la fois!

Il est certain que l'observation de la migration reste en partie aléatoire comme toute observation, et la peur de passer à côté d'une migration spectaculaire est légitime lorsque nous voyageons une semaine... Mais la perspective d'assister à un spectacle inoubliable est bien plus excitante! Des groupes de 20,30 ou 40 000 cigognes sillonnant le ciel en vol circulaire, un ballet hallucinant suspendu entre les 2 continents... Des groupes aussi important de milans noirs, mais aussi des douzaines ou centaines d'autres rapaces tels que les aigles bottés, les bondrés apivores, les éperviers d'Europe, les circaètes Jean-Le-Blanc, les faucons, les busards cendrés, mélangés à quelques vautours percnoptère... Ou encore des centaines ou milliers de guêpiers d'Europe, d'hirondelles et martinets, de fringillidés en tout genre aux premières heures...

Mais si nous passions à côté? La migration post-nuptiale est bien moins “risquée” et dans tous les cas, les observations réalisées seront de grande qualité.  Moins risquée et plus spectaculaire parce que les concentrations d'oiseaux lors de la migration post-nuptiale sont plus importante. Les jours les plus spectaculaire sont les jours suivants quelques jours de vents forts empêchant le passage de la plupart des rapaces, les plus grand stoppant complètement la migration lorsque la vitesse du vent dépasse leur vitesse de vol, et les plus petits migrant en nombre beaucoup plus réduits... Les oiseaux  s'accumulent alors sur les espaces intéressants autour du Détroit de Gibraltar et lorsque le vent baisse, ils passent en groupes absolument incroyable!!  Mais si nous n'avions pas de chance et  le vent ne baissait pas les jours où nous sommes présent? La migration post-nuptiale reste intéressante à l'inverse de la migration pré-nuptiale parce que les oiseaux descendant de l'Europe vers l'Afrique se concentrent sur nos espaces et nous pouvons les observer,alors qu'en migration pré-nuptiale, des conditions adverses limitent davantage les observations, les accumulations d'oiseaux se produisant en Afrique avant le passage du détroit... Et puis si les conditions sont stables et normales avec des vents réguliers modérés, la migration post-nuptiale reste abondante avec des groupes plus importants, plus concentrés qu'en migration pré-nuptiale.

Le spectacle vaut le déplacement! Et puis la migration n'est qu'un intérêt parmi d'autres sur cette zone hallucinante qu'est le sud-ouest de l'Andalousie! Les milliers de limicoles en tout genre su les zones humides, avec des centaines d'ibis falcinelles, de spatules blanches, d'échasses blanches, de chevaliers gambettes, guignettes, aboyeurs, arlequin, sylvain, de bécasseaux minute , variable , cocorli, ou encore la grande diversité de goéland, leucophée, railleur, d'Auduin, ou les mouettes rieuses et mélanocéphales, les sternes naines, caugek, hansel, caspienne et guifettes noires et moustac, des espèces rares présentes sur ce territoire tel l'ibis chauve, l'érismature à tête blanche, la sarcelle marbrée, le martinet des maisons, le blongios nain, ou encore les nombreux ardéidés tels que le crabier chevelu, le héron pourpré, le héron bihoreau, le héron garde-boeuf... Et puis les rapaces résidents moins facile à voir comme le grand-duc d'Europe, l'aigle de Bonelli, l'aigle royal, l'aigle impérial ibérique... La liste est longue! Le plaisir d'observer et de photographier dans  un cadre et des paysages divers et de qualité, savourant une gastronomie variée et délicieuse! Tous nos sens en extase!

 

D'un expatrié français en Andalousie, tombé amoureux de ces terres il y a 10 ans.

Laury Grenon